CinÉma Politica-UQÀM : vendez vos REER et achetez des terres!
Propos de Carole Poliquin, réalisatrice du documentaire « Le bien commun, l’assaut final »Le 14 mars dernier, une quarantaine de personnes s’était regroupée au bar Le Grimoire, lors de la première soirée de Cinéma Politica-UQÀM, pour visionner le documentaire percutant intitulé « Le bien commun, l’assaut final » de Carole Poliquin. Un film dénonçant le totalitarisme du marché et prévenant que la marchandisation générale de la vie n’est plus très loin. De nos jours, tout devient objet de commerce. Pourtant, selon la réalisatrice, la notion de bien commun est essentielle à la survie de notre espèce. Son film identifie quelques biens communs dorénavant ciblés par les actionnaires: l’eau, les connaissances ancestrales sur les plantes médicinales, le patrimoine génétique des plantes, les semences ainsi que les services publics.
Après la projection, le public était invité à poser
quelques questions à la réalisatrice.
Lorsqu’on lui demande ce qu’il advient des brevets sur le
vivant, Mme Poliquin affirme qu’il faut absolument les remettre
en question. Les gènes existent déjà dans la nature,
ce n’est donc
pas une invention. Présentement, on adapte au vivant un système
créé pour protéger les procédés industriels.
Dans les années 80, il y a eu jurisprudence permettant de breveter une
bactérie, sous prétexte qu’elle est tellement petite qu’elle
s’apparentait davantage à une molécule chimique qu’à un
organisme vivant. C’est insensé! Au Canada les organismes multicellulaires
ne sont pas brevetables, mais les séquences de gènes le sont.
Lorsque l’on s’informe de son avis concernant les partenariats public-privé,
Mme Poliquin expose qu’il s’agit d’un début de privatisation.
Comment une compagnie peut-elle prendre sa part de profit et offrir un meilleur
service, alors qu’elle fonctionne à partir du même budget
de base que l’institution publique? On diminue alors la qualité du
service offert et des conditions de travail des employés.
Lorsque l’on veut savoir si les baisses d’impôts favorisent
réellement le réinvestissement dans l’économie locale,
Mme Poliquin soutient que non. Il y a présentement surenchère des
gouvernements pour attirer les multinationales chez eux. Les crédits d’impôts
promis videront les coffres de l’état, augmenteront le déficit
et appauvriront la société, alors que les multinationales seront
libres de réinvestir leurs profits ailleurs dans le monde ou dans l’économie
spéculative. Une richesse réelle est donc transférée
des travailleurs et des contribuables aux actionnaires.
Lorsque l’on s’enquiert si la mobilisation citoyenne est la solution,
la réalisatrice nous encourage à ne pas lâcher, mais envisage
une vision du futur plutôt pessimiste. En effet, Mme Poliquin croit qu’une
crise économique nous pend au bout du nez. Le déficit commercial
et budgétaire des États-Unis l'inquiète. Si la monnaie américaine
s'effondre, c'est l'économie mondiale qui sera entraînée
dans la crise. Le système capitaliste spéculatif actuel va aussi
créer d'autres crises financières graves dans le monde. L'environnement
est aussi en danger. On assistera peut-être bientôt à des
pénuries, suivies de guerres ayant pour objet l’eau et la nourriture.
Comme solutions potentielles, elle nous propose un retour à l’économie
locale branchée sur les besoins de la communauté ainsi que la mise
en place de modes de production respectueux de la terre et de systèmes
d’échanges locaux. Bref, vendez vos REER et achetez des terres,
car l'argent, ça ne se mange pas.
par Jade Landry-Cuerrier, membre du collectif étudiant Cinéma
Politica-UQÀM,
Lien : http://www.cinemapolitica.org
Courriel: cinemapoliticauqam@yahoo.ca








